Red Hook : un quartier méconnu de Brooklyn au bord de l’eau

# Red Hook : un quartier méconnu de Brooklyn au bord de l’eauRed Hook demeure l’un des secrets les mieux gardés de New York. Niché à l’extrémité sud-ouest de Brooklyn, ce quartier portuaire offre une expérience radicalement différente de celle des zones touristiques habituelles. Ses rues pavées, ses entrepôts de briques rouges et ses vues imprenables sur la baie de New York en font une destination fascinante pour quiconque souhaite découvrir l’authenticité new-yorkaise. Malgré sa proximité avec Manhattan, Red Hook conserve une atmosphère villégeoise et décontractée, loin de l’agitation urbaine. Son isolement géographique, longtemps perçu comme un handicap, est devenu sa plus grande force, préservant son caractère unique dans une ville en constante transformation.## L’histoire portuaire et industrielle de Red Hook depuis le XIXe siècleL’histoire de Red Hook est indissociable de celle du développement maritime de New York. Dès le début du XIXe siècle, ce promontoire naturel attire l’attention des entrepreneurs et des armateurs qui reconnaissent son potentiel stratégique. La forme particulière de la côte, ressemblant à un crochet rouge – d’où son nom néerlandais original « Roode Hoek » – offre une protection naturelle contre les vagues et les courants de la baie de New York.

Entre 1840 et 1920, Red Hook devient progressivement l’un des ports les plus actifs de la côte est américaine. Les quais se multiplient, accueillant des navires en provenance du monde entier. Cette période d’expansion transforme radicalement le paysage du quartier. Des entrepôts massifs en briques s’élèvent le long des docks, tandis que les rues se remplissent de débardeurs, de marins et de commerçants. L’activité portuaire génère alors des milliers d’emplois et attire une population cosmopolite, principalement composée d’immigrants irlandais, italiens et scandinaves.

Le port de Red Hook joue un rôle crucial dans l’économie de New York pendant près d’un siècle. Les marchandises transitant par ses docks alimentent non seulement la ville, mais aussi une grande partie de la côte est. La concentration d’activités maritimes fait de ce quartier un centre névralgique du commerce international, rivalisant même avec le port de Manhattan à certaines périodes.

### Le Red Hook Grain Terminal et l’architecture des silos Erie BasinLe Red Hook Grain Terminal, construit en 1922, représente un chef-d’œuvre architectural de l’ère industrielle. Cette imposante structure de béton, avec ses douze silos cylindriques s’élevant à plus de 40 mètres de hauteur, domine toujours le paysage du quartier. Conçue pour stocker jusqu’à 1,5 million de boisseaux de grain, cette installation témoigne de l’ambition industrielle de l’époque.

L’architecture des silos Erie Basin illustre parfaitement la philosophie fonctionnaliste qui prévalait au début du XXe siècle. Chaque élément de la structure répond à une nécessité pratique : la hauteur permet un chargement et un déchargement rapides des navires céréaliers, tandis que la disposition des silos optimise le stockage et la conservation des grains. Les ingénieurs de l’époque ont créé un système remarquablement efficace, capable de transférer des tonnes de marchandises en quelques heures.

Aujourd’hui, bien que le terminal ne soit plus en activité, il reste un symbole puissant du passé industriel de Red Hook. Les photographes et les amateurs d’architecture industrielle considèrent cette structure comme l’un des exemples les plus impressionnants de l’architecture fonctionnelle américaine. Certains projets de reconversion ont été évoqués au fil des années,

Aujourd’hui, bien que le terminal ne soit plus en activité, il reste un symbole puissant du passé industriel de Red Hook. Les photographes et les amateurs d’architecture industrielle considèrent cette structure comme l’un des exemples les plus impressionnants de l’architecture fonctionnelle américaine. Certains projets de reconversion ont été évoqués au fil des années, allant d’espaces culturels à des lofts résidentiels, mais aucun n’a pour l’instant abouti. En l’état, le Red Hook Grain Terminal et les silos d’Erie Basin forment un décor spectaculaire, presque post‑apocalyptique, qui rappelle à quel point le quartier a été façonné par le commerce maritime.

Les chantiers navals todd shipyards et leur rôle durant la seconde guerre mondiale

Si Red Hook a joué un rôle clé dans le commerce, il a aussi été un maillon essentiel de l’effort de guerre américain. Les chantiers navals Todd Shipyards, installés le long du front de mer à l’ouest du quartier, étaient dédiés à la construction, la réparation et l’entretien des navires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers d’ouvriers y travaillaient jour et nuit, réparant cargos, destroyers et navires de soutien qui repartaient ensuite vers l’Atlantique ou le Pacifique. Le quartier vibrait alors au rythme des marteaux, des chalumeaux et des sirènes d’usine.

À leur apogée, les Todd Shipyards employaient une main‑d’œuvre très diversifiée, composée de travailleurs venus de tout le pays, attirés par les salaires de l’industrie navale. De nombreuses familles de Red Hook ont encore aujourd’hui un grand‑père ou une grand‑mère qui a travaillé dans ces chantiers. Cet héritage industriel a laissé des traces visibles : bassins de radoub, hangars métalliques et quais renforcés, dont certains ont été réaffectés à de nouveaux usages. L’ancienne emprise des Todd Shipyards a notamment servi de base au développement du grand magasin IKEA et d’espaces logistiques modernes, illustrant la continuité entre le passé industriel et l’économie de services actuelle.

Le déclin post-conteneurisation et l’abandon des brooklyn piers

Comme beaucoup de quartiers portuaires historiques, Red Hook a subi de plein fouet la révolution de la conteneurisation à partir des années 1950‑1960. Les nouveaux navires, plus grands et plus profonds, nécessitaient des infrastructures portuaires adaptées, que la baie peu profonde de Red Hook ne pouvait offrir. Les compagnies maritimes ont progressivement déplacé leurs opérations vers des terminaux modernes, notamment dans le New Jersey. Les Brooklyn Piers, autrefois saturés de cargaisons, se sont vidés en quelques années.

Ce retrait brutal de l’activité portuaire a eu un impact social majeur. De nombreux emplois locaux ont disparu, entraînant une montée du chômage et de la pauvreté. Des entrepôts entiers ont été abandonnés, les rails de chemin de fer de fret ont rouillé, et certains docks sont devenus des friches envahies par la végétation. C’est à cette période que Red Hook a commencé à être perçu comme un quartier en déshérence, éloigné des circuits de développement de Brooklyn. L’absence de station de métro directe a renforcé cet isolement, installant durablement le quartier dans une sorte de parenthèse urbaine.

La transformation urbaine après l’ouragan sandy de 2012

L’ouragan Sandy, en octobre 2012, marque un tournant dans l’histoire récente de Red Hook. Situé en bord de baie et très peu élevé au‑dessus du niveau de la mer, le quartier a été durement touché par la montée des eaux. De nombreux rez‑de‑chaussée, ateliers et commerces ont été inondés, et les Red Hook Houses, le grand ensemble de logements sociaux, ont subi des coupures d’électricité et de chauffage prolongées. Cet épisode a mis en lumière la vulnérabilité de Red Hook face au changement climatique et à la hausse du niveau des océans.

Paradoxalement, cette catastrophe a aussi accéléré la prise de conscience et la mobilisation. La ville de New York, les associations locales et des organisations comme la Red Hook Initiative ont lancé des projets de résilience : renforcement des berges, systèmes de pompage, élévation des équipements électriques, mais aussi programmes d’entraide de voisinage. Certains entrepôts ont été rénovés avec des normes anti‑inondation, et les nouveaux projets immobiliers intègrent désormais des dispositifs de protection. Pour le visiteur, cette transformation se perçoit à travers un waterfront mieux aménagé, ponctué de parcs, de jardins et de structures culturelles, où l’on sent que la relation entre la ville et l’eau est en train d’être repensée.

La géographie maritime et l’accès waterfront du quartier

Comprendre Red Hook, c’est aussi regarder une carte. Le quartier forme une pointe avancée dans la baie de New York, entourée d’eau sur trois côtés. Cette géographie maritime offre des panoramas exceptionnels mais impose aussi des contraintes d’accessibilité. En vous promenant sur les docks ou au bord de l’Atlantic Basin, vous réalisez à quel point Red Hook est à la fois proche et éloigné de Manhattan : la skyline semble à portée de main, et pourtant le quartier reste un monde à part.

Le positionnement stratégique face à governor’s island et la statue de la liberté

Red Hook se trouve quasiment dans l’axe de la Statue de la Liberté et de Governor’s Island. Depuis Louis Valentino Jr. Park ou Pier 44, la vue est saisissante : au premier plan, les eaux de la baie, juste derrière la silhouette iconique de Lady Liberty, et en toile de fond la One World Trade Center et le Financial District. Pour profiter de ces panoramas, il suffit souvent de s’asseoir sur un banc ou de marcher jusqu’au bout d’un petit ponton en bois.

Cette position stratégique explique pourquoi Red Hook a longtemps été un point de contrôle maritime important. Les navires entrant dans le port de New York passaient à proximité immédiate des quais du quartier. Aujourd’hui encore, vous verrez passer des porte‑conteneurs, des ferrys et des bateaux de croisière, ce qui donne parfois l’impression d’assister à un défilé permanent sur l’eau. Pour les photographes comme pour les simples promeneurs, Red Hook offre l’une des meilleures vues sur la Statue de la Liberté sans avoir à monter sur un bateau touristique.

Les brooklyn cruise terminal et red hook container terminal

Sur la rive ouest du quartier, deux grandes installations continuent d’ancrer Red Hook dans l’économie maritime contemporaine : le Brooklyn Cruise Terminal et le Red Hook Container Terminal. Le premier accueille régulièrement des paquebots de croisière internationaux, opérés par des compagnies comme Cunard ou Princess Cruises. En débarquant ici, certains passagers découvrent un visage surprenant de New York, bien loin de Times Square, avec ces entrepôts en briques et ces rues calmes.

Le Red Hook Container Terminal, lui, gère encore un volume non négligeable de fret, même s’il est loin de son activité historique. Des rangées de conteneurs multicolores, des grues mobiles et des camions rappellent que la logistique reste un secteur majeur de la baie de New York. Pour le visiteur, l’accès est bien sûr limité pour des raisons de sécurité, mais l’on peut apercevoir ces opérations depuis certaines portions du waterfront, notamment du côté de Atlantic Basin et de Beard Street. Cette juxtaposition entre infrastructures modernes et friches industrielles contribue au charme singulier du quartier.

Le réseau de ferrys NYC ferry avec l’arrêt red Hook/Atlantic basin

Le ferry est devenu l’un des moyens les plus agréables d’accéder à Red Hook. La ligne South Brooklyn de NYC Ferry dessert l’arrêt Red Hook/Atlantic Basin, situé à quelques minutes à pied de Van Brunt Street. Le trajet depuis Wall Street (Pier 11) dure environ un quart d’heure et offre un mini‑croisière avec vue sur Brooklyn Heights, Governor’s Island et la Statue de la Liberté. En termes de prix, le billet reste aligné sur un ticket de métro, ce qui en fait une excellente option pour explorer Red Hook sans se ruiner.

En pratique, ce réseau de ferrys a contribué à désenclaver le quartier, tout en renforçant son image de destination “au bord de l’eau”. Arriver par l’Atlantic Basin permet de comprendre immédiatement le lien intime entre Red Hook et la mer : dès la sortie du bateau, vous êtes entouré de quais, d’anciennes barges, d’entrepôts reconvertis et d’espaces verts. C’est aussi un bon point de départ pour organiser une balade chronologique, du waterfront historique vers les rues résidentielles et les Red Hook Houses.

Les problématiques d’accessibilité via columbia street et van brunt street

Malgré l’amélioration apportée par le ferry, Red Hook reste moins bien connecté que d’autres quartiers de Brooklyn. Aucune station de métro ne se trouve à l’intérieur même du quartier. Les stations les plus proches, comme Smith–9th Streets ou Carroll Street, nécessitent une marche de 20 à 30 minutes via Columbia Street ou Hamilton Avenue. Cette marche peut être agréable par beau temps, mais elle décourage parfois les visiteurs les plus pressés.

Columbia Street et Van Brunt Street jouent alors le rôle d’axes structurants. Columbia Street relie Red Hook aux quartiers de Cobble Hill et Carroll Gardens, tandis que Van Brunt Street traverse le cœur du quartier du nord au sud. En journée, ces rues restent calmes, mais il est utile de prévoir ses déplacements à l’avance, surtout si vous comptez assister à un concert ou à un événement en soirée. Cette accessibilité limitée explique en partie pourquoi Red Hook a conservé une atmosphère plus locale, presque villageoise, malgré l’essor du reste de Brooklyn.

Les infrastructures culturelles et espaces publics du waterfront

Au‑delà de son histoire industrielle, Red Hook a développé ces dernières années un ensemble d’infrastructures culturelles et d’espaces publics qui redonnent vie au waterfront. L’idée est claire : ouvrir le front de mer aux habitants et aux visiteurs, tout en valorisant la mémoire portuaire. Vous y trouverez des parcs, des installations sportives et même des lieux événementiels inattendus, installés dans d’anciens espaces logistiques.

Le brooklyn cruise terminal comme salle de concert temporaire

Le Brooklyn Cruise Terminal n’accueille pas seulement des navires de croisière. En dehors des périodes d’embarquement, ses vastes espaces et ses parkings ont déjà servi de décor à des concerts en plein air, des festivals et des événements ponctuels. Certaines tournées internationales y ont installé leurs scènes, profitant de la capacité d’accueil et de la vue unique sur la baie. Assister à un concert ici, c’est vivre une expérience hybride, à mi‑chemin entre la friche industrielle et le grand spectacle.

Pour la ville de New York, l’utilisation ponctuelle du terminal comme salle de concert permet de maximiser un équipement coûteux, tout en offrant une programmation culturelle décentralisée. Vous prévoyez un séjour en été ou à l’automne ? Il peut être intéressant de vérifier si un événement est programmé à Red Hook : cela vous donnera une excellente excuse pour découvrir le quartier sous un angle festif, avec la skyline de Manhattan comme toile de fond.

Le complexe sportif red hook recreation area et ses terrains en bord de mer

Au nord‑est du quartier, la Red Hook Recreation Area offre un contraste étonnant avec les docks. Ce vaste complexe sportif géré par le NYC Parks comprend des terrains de football, de baseball, de basket‑ball, des courts de tennis et des pistes de course. Les week‑ends, les terrains se remplissent de ligues amateurs, souvent très animées, et l’on entend parler aussi bien espagnol qu’anglais. C’est un excellent endroit pour saisir la dimension communautaire de Red Hook, loin des clichés touristiques.

La proximité de l’eau rend ces espaces encore plus agréables, notamment au printemps et en été. Certains emplacements offrent des vues dégagées sur le port et la baie. Pour les visiteurs, la Red Hook Recreation Area est aussi le théâtre des fameux food vendors latins du Red Hook Ball Fields, dont nous parlerons plus loin. En combinant promenade, sport informel et découverte culinaire, vous pouvez facilement y passer plusieurs heures.

Le parc louis valentino jr. park et ses vues panoramiques sur manhattan

Louis Valentino Jr. Park and Pier est sans doute le joyau du waterfront de Red Hook. Situé à l’extrémité de Ferris Street, ce petit parc offre une pelouse, quelques arbres, des bancs et surtout un long ponton qui s’avance dans la baie. De là, la vue sur la Statue de la Liberté, Governor’s Island et la skyline du Financial District est tout simplement spectaculaire, surtout au coucher du soleil. C’est l’un des meilleurs spots de New York pour admirer la statue sans foule.

Le parc porte le nom d’un pompier de New York décédé en service en 1996, ce qui rappelle le lien fort entre le quartier et les services municipaux. Pour beaucoup d’habitants, Valentino Pier est un lieu de rendez‑vous quotidien : jogging matinal, balade avec un café, pêche à la ligne ou simple pause contemplative. En tant que visiteur, vous ressentirez probablement cette atmosphère sereine, presque méditative, qui tranche avec le tumulte de Manhattan. N’hésitez pas à y revenir à différents moments de la journée pour voir comment la lumière transforme le paysage.

La scène gastronomique artisanale et les manufactures locales

Red Hook ne se résume pas à ses vues et à ses docks : le quartier est aussi devenu un véritable laboratoire de gastronomie artisanale. Distilleries, chocolateries, micro‑brasseries et restaurants spécialisés se sont installés dans d’anciens entrepôts, profitant des loyers longtemps plus abordables et de l’ambiance industrielle. Pour vous, c’est l’occasion de goûter un New York plus local, loin des grandes chaînes, avec des producteurs qui misent sur la qualité et la transparence.

La distillerie van brunt stillhouse et la production de whisky artisanal

Parmi ces artisans, Van Brunt Stillhouse occupe une place de choix. Installée dans un ancien bâtiment industriel, cette distillerie produit des whiskies artisanaux à partir de céréales cultivées principalement dans l’État de New York. L’approche est résolument “farm‑to‑bottle” : l’équipe contrôle chaque étape, de la sélection des grains au vieillissement en fûts, afin de créer des spiritueux au profil aromatique unique. Le résultat ? Des whiskies de caractère, souvent plus riches en céréales que les bourbons classiques.

La distillerie propose des visites guidées et des dégustations, généralement les week‑ends. C’est une excellente manière de comprendre l’essor de la production locale de whisky à New York, qui s’inscrit dans une tendance plus large de retour aux produits artisanaux. Même si vous n’êtes pas un grand amateur de spiritueux, l’expérience vaut le détour, ne serait‑ce que pour découvrir les alambics en cuivre, les rangées de fûts et l’ambiance chaleureuse du tasting room. Pensez simplement à vérifier les horaires et à réserver en avance, surtout en haute saison.

Les chocolatiers raaka chocolate et leur approche bean-to-bar

À quelques rues de là, Raaka Chocolate propose une immersion dans l’univers du chocolat “bean‑to‑bar”. Cette chocolaterie artisanale se distingue par son travail sur le cacao cru ou très peu torréfié, afin de préserver au maximum les arômes originels des fèves. Chaque tablette met en avant l’origine des fèves (République dominicaine, Tanzanie, Pérou, etc.) et adopte une composition courte, sans arômes artificiels. Le résultat est parfois surprenant, avec des notes fruitées, florales ou épicées, bien loin du chocolat industriel standardisé.

Raaka organise des visites d’atelier et des ateliers de dégustation, où vous pourrez suivre le parcours complet de la fève au chocolat. Pour un foodie curieux, c’est l’équivalent d’entrer dans les coulisses d’un grand restaurant. Vous vous êtes déjà demandé comment la texture d’une tablette est obtenue ou pourquoi deux cacaos de régions différentes n’ont rien à voir ? Ici, vous aurez des réponses concrètes, avec à la clé quelques dégustations mémorables.

Le marché gourmand red hook lobster pound et steve’s authentic key lime pies

Impossible de parler de Red Hook sans évoquer deux institutions : Red Hook Lobster Pound et Steve’s Authentic Key Lime Pies. Le premier, installé sur Van Brunt Street, s’est fait une spécialité du lobster roll, ce sandwich au homard emblématique de la côte Est. Le homard, importé du Maine, est servi en version “Maine style” (avec mayonnaise) ou “Connecticut style” (beurre chaud et citron), dans un petit pain brioché toasté. Le tout accompagné de frites ou de coleslaw, c’est l’un des repas les plus typiquement américains que vous puissiez déguster à Brooklyn.

À quelques minutes de marche vers le waterfront, Steve’s Authentic Key Lime Pies vous transporte directement en Floride. Cette petite entreprise prépare des tartes au citron vert à partir de véritables key limes, réputées pour leur acidité marquée. La version la plus célèbre est peut‑être le “Swingle” : une mini‑tarte enrobée de chocolat et servie glacée, sur bâtonnet. L’alliance de l’acidulé du citron vert et du sucre du chocolat crée un contraste addictif. Pour beaucoup de New‑Yorkais, un passage à Red Hook sans arrêt chez Steve’s est tout simplement impensable.

Les food vendors latins du red hook ball fields

Si vous visitez Red Hook au printemps ou en été, ne manquez pas les food vendors latins installés près des terrains de sport du Red Hook Ball Fields. Depuis les années 1970, ces stands proposent des spécialités d’Amérique centrale et du Sud : pupusas salvadoriennes, tacos, arepas, empanadas, jus de fruits frais… C’est un véritable marché en plein air, où les familles viennent après les matchs, où les odeurs de grillades se mêlent aux cris des supporters.

Ces vendeurs incarnent une facette essentielle de la culture de Red Hook : la présence d’une forte communauté latino, qui a contribué à faire vivre le quartier pendant les décennies difficiles. En choisissant de déjeuner ici, vous soutenez directement des micro‑entrepreneurs locaux et vous découvrez une cuisine de rue authentique, souvent bien plus savoureuse que celle de nombreux restaurants touristiques. Prévoyez du liquide et un peu de patience : les files peuvent être longues, surtout les dimanches ensoleillés.

Le patrimoine résidentiel des red hook houses et mixité sociale

Derrière le waterfront et les adresses tendance, Red Hook reste avant tout un quartier résidentiel. Le paysage urbain est marqué par les Red Hook Houses, un vaste ensemble de logements sociaux qui occupe une grande partie de la superficie du quartier. Comprendre cet ensemble, c’est saisir la complexité sociale de Red Hook, où cohabitent pauvreté persistante, initiatives communautaires innovantes et début de gentrification.

Le plus grand complexe NYCHA de brooklyn et ses 2878 logements sociaux

Les Red Hook Houses ont été construits dans les années 1930‑1940 dans le cadre des grands programmes de logement public de la ville de New York. Gérés par la NYCHA (New York City Housing Authority), ils regroupent 2878 appartements répartis dans plusieurs immeubles de brique, organisés en blocs et en cours intérieures. Il s’agit du plus grand complexe de logements sociaux de Brooklyn, hébergeant plusieurs milliers de résidents aux revenus modestes.

Au fil des décennies, cet ensemble a souffert du sous‑investissement chronique dans le logement social : problèmes d’entretien, infrastructures vieillissantes, inondations récurrentes après Sandy. Depuis quelques années toutefois, des programmes de rénovation de grande ampleur ont été lancés, incluant la modernisation des systèmes de chauffage, l’amélioration de la résilience face aux inondations et la réhabilitation des espaces publics. Pour le visiteur, les Red Hook Houses ne sont pas une attraction touristique au sens strict, mais ils rappellent que Red Hook n’est pas seulement un décor industriel photogénique : c’est aussi un lieu de vie marqué par de fortes inégalités.

Les initiatives communautaires de la red hook initiative

Face à ces défis, de nombreuses organisations locales se sont mobilisées, au premier rang desquelles la Red Hook Initiative (RHI). Cette association, basée au cœur du quartier, travaille depuis le début des années 2000 à soutenir les résidents, en particulier les jeunes, à travers des programmes d’éducation, de santé, de formation professionnelle et de leadership. Pendant et après l’ouragan Sandy, la RHI a joué un rôle clé dans la coordination de l’aide d’urgence, démontrant la force du tissu associatif local.

La Red Hook Initiative s’est aussi engagée dans des projets de résilience climatique, comme l’installation de toits verts, la sensibilisation aux risques d’inondation ou la mise en place de réseaux de communication d’urgence. Pour vous, en tant que visiteur, ces initiatives ne sont peut‑être pas visibles au premier regard, mais elles façonnent la vie quotidienne du quartier. Elles montrent aussi que la reconversion de Red Hook ne se fait pas uniquement par le haut, via l’immobilier et le tourisme, mais aussi par le bas, grâce aux habitants eux‑mêmes.

La cohabitation entre résidents historiques et gentrification immobilière

Comme dans d’autres quartiers de Brooklyn, Red Hook connaît un début de gentrification. L’arrivée de nouveaux commerces, de galeries d’art et de restaurants réputés a attiré une population plus aisée, souvent jeune, travaillant dans les secteurs créatifs ou technologiques. Les anciens entrepôts se transforment parfois en lofts, et certains terrains vacants accueillent désormais des immeubles résidentiels modernes. Les prix de l’immobilier ont augmenté, même s’ils restent en moyenne inférieurs à ceux de Carroll Gardens ou de Williamsburg.

Cette évolution pose une question centrale : comment préserver la mixité sociale et éviter le déplacement des résidents historiques, notamment ceux des Red Hook Houses ? Pour l’instant, la situation reste plus équilibrée qu’ailleurs, en partie parce que le poids du logement social dans le parc résidentiel est très important. Mais les tensions existent, notamment autour de l’usage de l’espace public, du développement commercial et des futurs projets immobiliers. En tant que visiteur, être conscient de cette réalité permet d’adopter un regard plus nuancé sur le quartier : derrière le charme des briques rouges se joue une bataille silencieuse pour le droit à la ville.

Les solutions de transport et connectivité avec brooklyn et manhattan

L’isolement relatif de Red Hook est l’un des éléments qui ont façonné son identité. Pourtant, le quartier n’est pas coupé du monde : plusieurs solutions de transport le relient à Brooklyn et à Manhattan. Elles demandent parfois un peu plus d’organisation qu’un simple trajet en métro, mais elles font partie intégrante de l’expérience Red Hook. Après tout, n’est‑ce pas aussi ce petit effort supplémentaire qui rend la découverte du quartier si gratifiante ?

Les lignes de bus B61 et B57 comme principales dessertes terrestres

Sur le plan terrestre, les lignes de bus B61 et B57 sont les principaux liens entre Red Hook et le reste de Brooklyn. Le B61 traverse le quartier du nord au sud, en passant par Van Brunt Street, puis continue vers Downtown Brooklyn en desservant notamment Atlantic Avenue et le Barclays Center. Le B57, lui, relie Red Hook à Carroll Gardens, Boerum Hill et Maspeth (Queens), en passant par plusieurs stations de métro clés. Ces bus constituent la colonne vertébrale de la mobilité quotidienne pour de nombreux habitants.

Dans la pratique, il faut cependant prendre en compte la fréquence parfois irrégulière des bus et la circulation dense aux heures de pointe. Il est donc conseillé de prévoir un peu de marge dans votre planning si vous comptez sur ces lignes pour attraper un train ou un spectacle à l’heure. En contrepartie, le trajet en bus offre une perspective intéressante sur la transition entre Red Hook et les quartiers plus centraux de Brooklyn, une sorte de voyage progressif du port historique vers la ville dense.

Le service IKEA water taxi et la navette gratuite du magasin

Un autre acteur inattendu a contribué à la connectivité de Red Hook : IKEA. Lorsque le géant suédois a ouvert son magasin sur Beard Street en 2008, il a mis en place un service de navette maritime et de bus pour faciliter l’accès des clients. Pendant longtemps, l’IKEA Water Taxi reliait Manhattan au quai situé au pied du magasin, offrant un trajet pittoresque à petit prix, voire gratuit avec un achat en magasin. Si le service a évolué au fil des années, l’idée reste la même : faire de Red Hook une destination accessible sans voiture.

En complément, IKEA propose régulièrement des navettes routières depuis certains nœuds de transport de Brooklyn, notamment le métro Smith–9th Streets. Même si ces services sont avant tout pensés pour la clientèle du magasin, ils profitent indirectement à la fréquentation du quartier, en amenant des visiteurs qui en profitent pour explorer les environs. Pour un voyageur curieux, combiner une séance de lèche‑vitrine chez IKEA avec une balade sur le waterfront peut être une manière originale de découvrir Red Hook.

Les projets de prolongement du métro et la ligne G

Enfin, la question qui revient régulièrement est la suivante : verra‑t‑on un jour une station de métro directement à Red Hook ? Depuis plusieurs années, des urbanistes et des élus locaux évoquent des projets de prolongement de lignes existantes, notamment la ligne G ou la ligne F, pour desservir le quartier. Des études ont été menées sur la faisabilité de nouvelles stations ou même sur la création d’un tramway urbain longeant le waterfront de Brooklyn. Pour l’instant, aucun de ces projets n’a dépassé le stade des discussions et des rapports techniques.

La ligne G reste donc la plus proche en termes de métro, avec des arrêts comme Smith–9th Streets ou Carroll Street, d’où il faut ensuite marcher ou prendre un bus. À court terme, l’amélioration de la connectivité de Red Hook passera sans doute davantage par le renforcement du réseau de ferrys et des bus que par une nouvelle ligne de métro. Cette situation contribue à maintenir le quartier dans une position singulière : suffisamment connecté pour être accessible, mais assez isolé pour conserver cette atmosphère de bout du monde au cœur de New York.

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