Dîner dans un speakeasy à New York : adresses insolites et ambiance rétro

# Dîner dans un speakeasy à New York : adresses insolites et ambiance rétro

New York cache derrière ses façades modernes un réseau fascinant de bars clandestins qui perpétuent l’esprit rebelle des années 1920. Ces établissements secrets, accessibles uniquement aux initiés, transforment une simple soirée en véritable voyage dans le temps. L’atmosphère feutrée, les cocktails artisanaux servis dans des tasses de thé, et les entrées dissimulées derrière des cabines téléphoniques ou des prêteurs sur gages créent une expérience unique qui attire aussi bien les habitants que les visiteurs. La scène des speakeasies new-yorkais a connu un renouveau spectaculaire au cours des deux dernières décennies, avec des établissements qui rivalisent d’ingéniosité pour recréer l’authenticité de l’époque prohibitionniste tout en proposant une mixologie de classe mondiale.

L’héritage de la prohibition et l’émergence des speakeasies new-yorkais

La période de la Prohibition américaine a profondément marqué l’identité culturelle de New York. Entre 1920 et 1933, la ville comptait près de 30 000 établissements clandestins servant illégalement de l’alcool, transformant Manhattan en terrain de jeu pour gangsters et amateurs de cocktails. Cette époque tumultueuse a créé une culture de la discrétion et du luxe caché qui continue de fasciner aujourd’hui. Les speakeasies modernes ne se contentent pas de reproduire l’esthétique rétro : ils célèbrent l’esprit d’innovation et de résistance qui caractérisait ces établissements originaux.

Le volstead act de 1919 et la culture clandestine des bars illégaux

Le Volstead Act, adopté en octobre 1919, interdisait la fabrication, la vente et le transport de boissons contenant plus de 0,5% d’alcool sur l’ensemble du territoire américain. Cette législation radicale a paradoxalement stimulé une explosion de créativité dans le monde des bars clandestins. Les propriétaires de speakeasies devaient constamment innover pour échapper aux descentes de police, développant des systèmes d’alerte sophistiqués, des entrées multiples et des cachettes ingénieuses pour dissimuler l’alcool. Le terme speakeasy lui-même provient de l’instruction donnée aux clients de « parler doucement » pour ne pas attirer l’attention des autorités ou des voisins.

Cette période a également vu l’essor de la mixologie moderne. Comme l’alcool de contrebande était souvent de qualité médiocre, les barmans ont commencé à créer des cocktails élaborés pour masquer le goût désagréable du gin de baignoire ou du whisky frelaté. C’est ainsi que sont nés des classiques comme le Manhattan, le Martini revisité, et de nombreuses autres créations qui définissent encore aujourd’hui l’art du cocktail.

L’architecture dissimulée des speakeasies authentiques de manhattan

Les speakeasies historiques de New York étaient des chefs-d’œuvre d’ingéniosité architecturale. Dissimulés dans des sous-sols, derrière des façades de commerces légitimes, ou accessibles par des passages secrets, ces établissements devaient être invisibles pour survivre. Certains disposaient de portes pivotantes actionnées par des mécanismes cachés, de murs amovibles, ou de sorties de secours élaborées permettant aux clients de s’échapper rapidement en cas de raid policier.

Les rares speakeasies authentiques encore en activité aujourd’hui, comme The Back Room sur Norfolk Street, ont conservé leur architecture d’origine. Ces établissements off

rent de précieuses indications sur la manière dont ces lieux étaient pensés à l’origine : couloirs étroits volontairement labyrinthiques, escaliers abrupts menant à des sous-sols, fenêtres rares et petites pour ne pas attirer l’œil. Aujourd’hui, les meilleurs speakeasies new-yorkais jouent avec ces codes architecturaux : entrée derrière une vitrine de barbier, porte anonyme au fond d’une galerie d’art, façade de « compagnie de jouets » ou simple sonnette discrète au milieu d’immeubles résidentiels. Lorsque vous poussez ces portes, vous avez réellement l’impression de traverser un rideau temporel entre la frénésie de Manhattan et un salon feutré des années 30.

Ce contraste est l’un des grands plaisirs d’un dîner dans un speakeasy à New York : en quelques secondes, vous passez du bruit des klaxons aux banquettes en cuir, des néons agressifs à la lumière dorée des appliques Art déco. L’architecture est pensée comme un décor de théâtre, où le vestibule, le couloir ou l’escalier font partie intégrante de l’expérience. Vous comprendrez vite pourquoi certains établissements refusent d’indiquer clairement leur adresse sur leur site : c’est ce jeu de piste architectural qui fait monter l’adrénaline avant même le premier cocktail.

Les codes d’accès et mots de passe : rituels d’entrée préservés

Si les descentes de police ne sont plus à craindre, plusieurs speakeasies ont conservé les rituels d’accès qui faisaient tout le sel de l’époque. À l’origine, il fallait connaître le bon mot de passe, frapper d’une certaine manière ou être présenté par un habitué pour espérer franchir la porte. Aujourd’hui, ces codes ont été réinterprétés sous forme de jeux : cabine téléphonique à utiliser, numéro à composer, sonnette sans indication ou simple rideau à pousser derrière un restaurant très ordinaire.

Cette mise en scène crée un vrai sentiment de privilège. Quand vous trouvez enfin la bonne entrée, vous avez l’impression d’appartenir à un club secret, même si, en réalité, l’adresse est partagée sur Instagram par des milliers de voyageurs. Certains bars vont plus loin en changeant régulièrement leurs instructions d’accès ou en limitant les réservations à une certaine heure précise de la journée. Comme souvent à New York, la frontière entre marketing et tradition est mince, mais l’effet fonctionne : vous vivez une petite aventure urbaine avant même de vous asseoir.

Il n’est plus nécessaire de murmurer un mot de passe à travers un judas, mais il n’est pas rare qu’un hôte vous demande votre nom pour vérifier votre réservation ou votre place sur la liste d’attente. Dans quelques lieux très confidentiels, notamment les plus inspirés de Milk & Honey, il faut parfois envoyer un SMS à un numéro privé pour « demander la permission » de venir. Vous l’aurez compris : dans un speakeasy, l’entrée n’est jamais totalement anodine, et c’est ce cérémonial qui transforme une simple soirée cocktail en expérience mémorable.

La résurgence contemporaine des speakeasies depuis les années 2000

Après la fin de la Prohibition, la majorité des bars clandestins ont disparu ou se sont convertis en établissements classiques. Il a fallu attendre le début des années 2000 pour voir renaître le concept de speakeasy à New York, sous l’impulsion de pionniers comme Sasha Petraske, fondateur de l’emblématique Milk & Honey dans le Lower East Side. Cet établissement, sans enseigne ni publicité, accessible uniquement sur réservation téléphonique, a posé les bases du « craft cocktail » new-yorkais : ingrédients frais, glace taillée à la main, techniques précises et recettes maison plutôt que standards internationaux.

Cette nouvelle vague a coïncidé avec un regain d’intérêt pour tout ce qui touche aux années 20 et 30 : jazz, Art déco, vintage, et bien sûr prohibition. Les barmans sont devenus de véritables mixologues, comparables à des chefs en cuisine, et les cartes de cocktails se sont enrichies d’infusions, de bitters artisanaux et de sirops maison. De grands noms comme Employees Only, Death & Co ou Please Don’t Tell se sont rapidement imposés dans les classements internationaux, propulsant New York au rang de capitale mondiale du cocktail.

Depuis, le phénomène ne s’est pas essoufflé. On estime aujourd’hui à plusieurs centaines le nombre de bars « cachés » ou inspirés par l’esthétique speakeasy dans la seule ville de New York, avec une forte concentration à East Village, Lower East Side et Greenwich Village. Certains misent sur l’héritage historique, d’autres sur le concept insolite (coiffeur-bar, fausse boucherie, arrière-boutique de glacier), mais tous ont en commun de transformer l’acte de boire un verre en véritable mise en scène. Et lorsque ces bars proposent en plus un vrai dîner, l’expérience devient l’un des meilleurs souvenirs de voyage à New York.

Please don’t tell (PDT) : le speakeasy mythique de east village

Parmi tous les speakeasies de New York, Please Don’t Tell, plus connu sous le sigle PDT, est sans doute celui qui résume le mieux la tendance. Ouvert en 2007 dans East Village, ce bar a participé à populariser le concept de bar caché auprès du grand public, tout en restant exigeant sur la qualité de ses cocktails. Sa réputation est telle qu’il figure régulièrement dans les listes des meilleurs bars du monde, et obtenir une place en début de soirée relève presque du sport.

L’entrée secrète via la cabine téléphonique de crif dogs

L’une des raisons du succès de PDT tient à son entrée, devenue iconique. Depuis la rue, vous ne voyez qu’un modeste restaurant de hot-dogs, Crif Dogs, avec son néon coloré typique de l’East Village. Rien n’indique la présence d’un bar de classe mondiale à l’intérieur. Pour y accéder, il faut pénétrer dans le fast-food, repérer sur la droite une vieille cabine téléphonique, y entrer, refermer la porte, décrocher le combiné et composer le 1. Après quelques secondes, une personne vous répond, ouvre la paroi de la cabine de l’intérieur, et vous invite à passer dans un petit couloir obscur.

Ce dispositif, à mi-chemin entre escape game et cinéma, crée une rupture immédiate. En quelques pas, vous quittez un décor de street food pour vous retrouver dans un salon intimiste aux murs de briques garnis de têtes d’animaux, avec un bar en bois sombre et une lumière tamisée. C’est précisément ce contraste qui fait de PDT une adresse incontournable si vous cherchez un speakeasy à New York pour un dîner insolite. Vous avez réellement l’impression d’avoir « déverrouillé » un niveau caché de la ville.

La carte de cocktails signature de jim meehan et l’art de la mixologie

Derrière le bar de PDT, la mixologie est prise très au sérieux. Le bar doit une grande partie de sa renommée à Jim Meehan, bartender star et auteur de plusieurs ouvrages de référence sur les cocktails. Même si l’équipe a évolué, l’ADN reste le même : une carte courte mais précise, mélange de classiques parfaitement exécutés et de créations audacieuses utilisant des ingrédients parfois inattendus.

Vous trouverez ici des cocktails signature comme le Benton’s Old Fashioned (bourbon infusé au bacon, sirop d’érable, bitters) ou des variations autour du Manhattan et du Martini, travaillées avec des spiritueux premium. Les prix tournent autour de 20 $ pour un cocktail classique, un peu plus pour certaines créations spéciales, ce qui est désormais la norme dans les meilleurs bars de New York. N’hésitez pas à décrire vos préférences au barman : comme dans les speakeasies historiques, le service est très personnalisé, et l’équipe saura vous guider vers le verre qui correspond à votre palais.

Pour les amateurs, un passage chez PDT permet vraiment de mesurer la différence entre un cocktail standard et un cocktail de haute volée : équilibre des saveurs, qualité de la glace, verrerie, garnitures travaillées… Tout est pensé dans le détail. Si vous envisagez un itinéraire centré sur les meilleurs cocktails de New York, PDT est une étape quasi obligatoire.

Le système de réservation par téléphone et gestion des files d’attente

Accéder à PDT demande un minimum d’organisation. Historiquement, les réservations ne se faisaient que par téléphone, à partir d’une certaine heure chaque jour, et les créneaux partaient très vite. Le bar accepte encore un nombre limité de réservations pour les tables, tandis que le comptoir fonctionne souvent sur le principe du « first come, first served ». En pratique, cela signifie qu’il est conseillé d’appeler en début d’après-midi pour tenter de bloquer un créneau le soir-même.

Si vous n’avez pas réservé, vous pouvez toujours tenter votre chance en vous présentant tôt, juste à l’ouverture, ou plus tard dans la soirée, lorsque le premier service commence à se vider. Attendez-vous néanmoins à devoir laisser votre nom et votre numéro de téléphone ; on vous appellera lorsqu’une place se libérera. L’avantage, c’est que vous pouvez pendant ce temps explorer East Village, très animé, ou même grignoter un hot-dog chez Crif Dogs en prévision de la suite.

Pour éviter les déconvenues, surtout le week-end ou en haute saison, prévoyez PDT en semaine et acceptez l’idée qu’il puisse y avoir de l’attente. Comme pour beaucoup de speakeasies new-yorkais, ce « filtre » fait partie intégrante de l’expérience : on ne tombe pas par hasard sur un bar caché, on le mérite un peu.

Le menu gastronomique de hot-dogs revisités en accompagnement

Un dîner dans un speakeasy n’est pas toujours synonyme de repas gastronomique, mais PDT fait figure d’exception en proposant un food pairing aussi simple que malin : les hot-dogs de Crif Dogs, revisités dans des versions premium. Depuis le bar, vous pouvez commander ces encas directement à la cuisine du fast-food voisin, qui les envoie dans le speakeasy. Résultat : vous dégustez un cocktail de haut niveau accompagné d’un hot-dog créatif, sans bouger de votre banquette.

La carte varie, mais on retrouve souvent des options comme le hot-dog enrobé de bacon, agrémenté de cheddar fondu, de kimchi ou de sauces maison. Loin du simple snack, ces associations sont pensées pour ne pas écraser les saveurs des cocktails. Comptez entre 8 et 15 $ le hot-dog, ce qui reste raisonnable pour New York, surtout si vous partagez plusieurs pièces à deux. C’est une option idéale si vous cherchez où dîner dans un speakeasy à New York sans forcément réserver un restaurant à côté.

Au final, PDT offre un combo rare : décor caché, rituels d’accès ludiques, cocktails d’exception et petite restauration régressive mais travaillée. En une soirée, vous cochez toutes les cases d’une expérience speakeasy réussie.

The back room sur norfolk street : authenticité prohibitionniste à lower east side

Si de nombreux bars jouent aujourd’hui la carte du speakeasy, peu peuvent revendiquer un lien direct avec la Prohibition. The Back Room, niché sur Norfolk Street dans le Lower East Side, fait partie de ces rares survivants. Ouvert dans les années 20 sous le nom de « The Back of Ratner’s », ce bar clandestin accueillait acteurs, politiciens et figures du crime organisé comme Lucky Luciano ou Bugsy Siegel. En y entrant aujourd’hui, vous marchez littéralement dans les pas de ces personnages historiques.

L’accès via la ruelle delancey et la porte dérobée historique

Pour trouver The Back Room, oubliez les grandes enseignes lumineuses. L’entrée se fait par une cour discrète, signalée autrefois par une modeste plaque « Lower East Side Toy Company », qui servait de couverture légale. Depuis Delancey Street, vous devez emprunter un passage entre deux immeubles, longer une ruelle, puis descendre quelques marches avant de pousser une porte anonyme. Le trajet, légèrement inquiétant la première fois, renforce cette impression de remonter le temps.

Ce chemin est quasiment le même qu’à l’époque de la Prohibition, ce qui fait de The Back Room un véritable musée vivant. Lorsque vous organisez une soirée speakeasy à New York, c’est l’adresse parfaite pour ressentir l’atmosphère originelle : pas de fausse façade ou de mise en scène artificielle, mais un accès authentique, resté quasi intact depuis près d’un siècle. Prévoyez simplement des chaussures adaptées : par temps de pluie ou de neige, la ruelle peut être un peu glissante.

Le service de cocktails en tasses de thé et sachets en papier brun

La signature de The Back Room, ce sont ses boissons servies comme si l’alcool était encore illégal. Les cocktails arrivent à votre table dans des tasses de thé en porcelaine, tandis que les bières sont glissées dans des sachets en papier brun. Ce détail, loin d’être gadget, reprend exactement les techniques utilisées dans les années 20 pour dissimuler la nature des boissons en cas de contrôle surprise.

Pour les visiteurs, ce service est un clin d’œil ludique à l’histoire du lieu, mais il contribue aussi à l’ambiance feutrée : exit les verres imposants et les bouteilles voyantes, place à une consommation discrète, presque intime. Les prix restent dans la moyenne des speakeasies new-yorkais, autour de 16–20 $ le cocktail, avec une carte qui mélange classiques et créations maison. Si vous voyagez en groupe, les tasses assorties sur une petite table ronde créent un tableau digne d’un film d’époque.

Le décor d’époque avec banquettes en velours et luminaires art déco

Une fois installé, prenez le temps d’observer le décor. The Back Room est aménagé comme un salon d’appartement cossu des années 20 : banquettes et fauteuils en velours, tapis persans, bibelots anciens, étagères chargées de livres, luminaires Art déco diffusant une lumière chaude. L’éclairage est volontairement tamisé pour recréer l’ambiance clandestine d’autrefois, ce qui explique pourquoi beaucoup de clients ressortent avec des photos légèrement floues… mais pleines de charme.

L’espace n’est pas immense, ce qui renforce le sentiment d’intimité. Contrairement à certains bars plus tape-à-l’œil, l’atmosphère reste relativement calme en début de soirée, avant de devenir plus animée en fin de semaine, quand un DJ ou de la musique live viennent réveiller la salle. Il n’y a généralement pas de service de restauration élaborée : pensez à manger un peu avant ou après, ou contentez-vous de quelques snacks si disponibles. Ici, on vient avant tout pour l’ambiance, la musique et l’impression rare d’être dans un vrai speakeasy historique à New York.

Attaboy, employees only et the garret : la trinité des speakeasies de greenwich village

Pour compléter votre tournée des bars cachés, trois adresses se distinguent par leur approche très différente du concept speakeasy : Attaboy, Employees Only et The Garret. Toutes trois sont situées entre Lower East Side, West Village et Greenwich Village, des quartiers faciles à enchaîner lors d’une même soirée si vous aimez marcher. Chacune illustre une facette de la scène cocktail new-yorkaise contemporaine : le sur-mesure absolu, le grand classique intemporel, et le bar caché convivial au-dessus d’un restaurant.

Attaboy, installé au 134 Eldridge Street, occupe l’ancien local de Milk & Honey et perpétue sa philosophie : pas d’enseigne criarde, pas de menu imprimé, et aucune réservation possible. On entre en toquant discrètement, on laisse son nom si c’est complet, puis on s’assoit au comptoir ou sur l’une des rares banquettes. Ici, pas de carte à rallonge : vous décrivez simplement au barman ce que vous aimez (alcool de base, niveau de sucre, agrumes ou amertume), et il improvise un cocktail 100 % personnalisé. Comptez environ 22 $ le verre, mais l’expérience d’un cocktail sur mesure servi dans une petite salle tamisée vaut largement l’investissement.

Employees Only, dans West Village, joue davantage la carte du grand bar classique façon brasserie chic. On y entre par une façade discrète, en passant devant la loge d’une voyante qui fait office de clin d’œil théâtral. Une fois à l’intérieur, vous découvrez un bar animé, une grande salle avec comptoir en bois, lumière dorée et musique entraînante. Les cocktails sont précis, créatifs, et le lieu figure depuis des années dans le classement des meilleurs bars du monde. Atout non négligeable pour un dîner dans un speakeasy : la cuisine y est excellente, avec un vrai menu de restaurant (tartare, côtelettes, plats chauds) servi tard dans la nuit, idéal si vous ne voulez pas multiplier les réservations.

Enfin, The Garret offre une version plus décontractée du speakeasy new-yorkais. À Greenwich Village, l’entrée se fait par l’arrière d’un restaurant de burgers (souvent un Five Guys ou un équivalent, selon l’adresse), puis par un escalier menant à un étage caché. Là-haut, une petite salle à la déco vintage et au bar accueillant vous attend. Moins formel que les deux précédents, The Garret est parfait pour prendre un verre en fin de soirée, dans une ambiance plus locale que touristique. Les cocktails sont bien exécutés, les prix légèrement plus doux, et l’ambiance idéale si vous cherchez un bar caché sans protocole trop strict.

Apothéke dans chinatown : l’apothicairerie clandestine et cocktails botaniques

Si vous aimez les concepts forts et les décors immersifs, Apothéke est un arrêt obligatoire lors d’un séjour à New York. Niché au 9 Doyers Street dans Chinatown, ce speakeasy occupe une ancienne pharmacie et pousse l’esthétique apothicairerie jusqu’au bout. Son nom signifie d’ailleurs « pharmacie » en allemand, et tout dans le bar décline cette idée : barmans en blouses blanches, flacons étiquetés, fioles mystérieuses, carte de cocktails divisée en « prescriptions » thématiques.

On accède au bar en repérant un discret panneau évoquant une pharmacie ou un commerce d’antan, puis en s’engageant dans l’étroite et sinueuse Doyers Street, surnommée autrefois « Bloody Angle » en raison de son histoire mouvementée. Une fois la porte passée, vous découvrez un intérieur à la fois chic et théâtral : comptoir en marbre, étagères remplies de bouteilles rétro, lumière dorée et banquettes confortables. L’ambiance, très travaillée, vous donne vraiment l’impression de consulter un apothicaire… version nocturne.

La carte de cocktails est l’un des points forts d’Apothéke. Ici, les boissons sont classées selon leurs effets supposés : « Euphorics », « Aphrodisiacs », « Stress Relievers », etc. Chaque création repose sur des ingrédients botaniques, infusions, herbes et épices soigneusement sélectionnés. Les cocktails, autour de 20 $, sont présentés dans des verres originaux ou de petites fioles, et certains sont flambés ou fumés pour renforcer l’effet spectaculaire. La branche de Flatiron (Apothéke NoMad) décline le même concept dans un cadre plus central, idéal si vous logez à Midtown.

Côté nourriture, Apothéke n’est pas un restaurant à part entière mais propose parfois quelques petites assiettes ou encas selon la localisation et la saison. Pour un vrai dîner, mieux vaut manger auparavant dans Chinatown, où les options ne manquent pas, puis venir ici pour prolonger la soirée autour de deux ou trois cocktails botaniques. Si vous cherchez un speakeasy à New York avec un décor original et une carte vraiment différente de ce que vous connaissez, Apothéke coche toutes les cases.

Conseils pratiques pour réserver et profiter de l’expérience speakeasy authentique

Maintenant que vous avez une sélection d’adresses en tête, reste à organiser concrètement votre soirée. Un dîner dans un speakeasy à New York ne s’improvise pas totalement, surtout si vous visez les bars les plus prisés comme PDT, Attaboy ou Employees Only. Bonne nouvelle : avec quelques astuces, vous pouvez limiter l’attente, optimiser votre budget et profiter pleinement de l’expérience, même sur un court séjour.

Les horaires d’affluence et stratégies de réservation anticipée

La première règle pour éviter les mauvaises surprises : penser comme un New-Yorkais. La plupart des speakeasies commencent à se remplir sérieusement entre 19 h et 22 h, avec un pic le jeudi, vendredi et samedi soir. Si vous venez sans réservation, privilégiez l’ouverture (souvent entre 17 h et 18 h) ou au contraire les créneaux tardifs, après 22 h. Vous aurez plus de chances d’obtenir une place rapidement, surtout si vous êtes seul ou en couple plutôt qu’en grand groupe.

Pour les bars qui acceptent les réservations (PDT, Employees Only, Apothéke, The Raines Law Room, etc.), bloquez votre créneau dès que vous connaissez vos dates de voyage. Certains utilisent des plateformes comme Resy ou OpenTable, d’autres ne jurent que par la réservation téléphonique ou via leur site officiel. Gardez en tête que certains speakeasies conservent une partie de leurs places pour les « walk-ins » afin de préserver l’effet bar caché ; même si le système de réservation affiche complet, cela vaut parfois la peine de tenter votre chance à l’ouverture.

Enfin, pensez à construire votre soirée par quartiers : une tournée East Village / Lower East Side un soir, puis une autre autour de West Village / Greenwich Village un autre soir. Cela vous évitera de perdre du temps dans les transports et vous permettra d’enchaîner plusieurs bars sans stress.

Le dress code vintage recommandé et étiquette des speakeasies

Faut-il s’habiller comme dans Gatsby le Magnifique pour entrer dans un speakeasy à New York ? Pas nécessairement, mais un minimum de soin est apprécié, surtout le week-end. La plupart de ces bars appliquent un « smart casual » : pas de tenue trop négligée, pas de tongs ni de débardeurs de plage, et une préférence pour les chemises, robes, pantalons ou jeans bien coupés. Certains clients jouent le jeu du look rétro (robes à paillettes, bretelles, chapeaux), ce qui ajoute à l’ambiance, mais ce n’est jamais obligatoire.

En termes d’étiquette, gardez en tête que ces lieux, même lorsqu’ils sont animés, restent des espaces relativement intimistes. On y parle à voix modérée, on évite de crier au bar comme dans un pub sportif, et on respecte le travail des barmans qui préparent parfois des cocktails complexes. Il est aussi très mal vu de monopoliser une table pendant des heures avec une seule consommation ; l’usage veut que l’on commande au moins un verre par heure et par personne, surtout aux heures de pointe.

Enfin, n’oubliez pas que le pourboire (tip) fait partie intégrante du salaire des serveurs à New York. Prévoyez 18 à 20 % de la note en fin de soirée, voire davantage si le service a été particulièrement attentif ou si le barman a pris le temps de créer un cocktail sur mesure pour vous. Dans un speakeasy, la générosité du tip est un peu l’équivalent moderne du mot de passe : elle ouvre souvent la porte à des recommandations personnalisées et à une attention accrue.

Budget moyen par personne et options de menus dégustation

Boire et dîner dans un speakeasy à New York a un coût, et mieux vaut l’anticiper pour profiter sereinement de l’expérience. Comptez en moyenne entre 18 et 25 $ par cocktail dans les établissements cités, voire davantage dans certains bars classés parmi les meilleurs au monde. Pour une soirée confortable, avec deux cocktails et un encas ou un plat léger, prévoyez un budget d’au moins 60–80 $ par personne, taxes et pourboire inclus.

Dans les speakeasies qui proposent une vraie cuisine (Employees Only, Beauty & Essex, certains rooftops façon speakeasy), l’addition peut grimper rapidement si vous enchaînez plusieurs plats et boissons. Vous pouvez alors envisager de partager des assiettes plutôt que de commander un plat par personne, surtout si votre objectif est de multiplier les adresses dans la même soirée. Quelques bars haut de gamme offrent aussi des menus dégustation de cocktails, parfois assortis de bouchées, ce qui permet de goûter plusieurs créations pour un prix global souvent plus intéressant.

Si votre budget est serré mais que vous tenez à vivre l’expérience, privilégiez une venue en début de soirée pour un seul cocktail, puis poursuivez votre dîner dans un restaurant plus abordable du quartier. L’important est moins la quantité de verres que la qualité de l’instant passé dans le bar.

Les quartiers concentrant les speakeasies : east village, lower east side et midtown

Pour optimiser votre temps à New York, concentrez-vous sur les quartiers où les speakeasies sont les plus nombreux. East Village et Lower East Side forment le cœur historique de la scène, avec des adresses comme PDT, Attaboy, The Back Room, Double Chicken Please, Death & Co ou Beauty & Essex. Ces deux quartiers, très animés le soir, permettent de passer facilement d’un bar à l’autre à pied, en découvrant au passage d’innombrables restaurants, diners et pizzerias.

Greenwich Village et West Village constituent un deuxième pôle intéressant, plus résidentiel mais tout aussi vivant, où vous trouverez Employees Only, The Garret, Little Branch et plusieurs bars à l’ambiance jazz feutrée. L’atmosphère y est légèrement plus chic, avec une clientèle mêlant locaux, touristes curieux et habitués de longue date. C’est un secteur idéal si vous souhaitez combiner dîner, cocktails et balade dans des rues pavées emblématiques.

Enfin, Midtown et les environs de Bryant Park et du Rockefeller Center accueillent de plus en plus de bars d’inspiration speakeasy, parfois intégrés à des hôtels de standing. Raines Law Room at The William, Madame George ou certains rooftops discrets proposent ainsi une version plus contemporaine du concept, pratique si vous logez dans ce secteur ou si vous prévoyez de monter à un observatoire comme le Top of the Rock ou le SUMMIT One Vanderbilt le même soir. Quelle que soit la zone choisie, un fil rouge demeure : derrière chaque façade banale, New York cache peut-être votre nouveau bar préféré.

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