# Comment faire ses courses comme un local à New York ?
New York City n’est pas seulement une destination touristique emblématique, c’est aussi un écosystème urbain complexe où huit millions d’habitants gèrent leur quotidien, y compris leurs courses alimentaires. Contrairement aux idées reçues, Manhattan et les autres boroughs ne ressemblent en rien aux banlieues françaises avec leurs hypermarchés spacieux. Ici, l’approvisionnement alimentaire obéit à des codes spécifiques, forgés par la densité urbaine et la diversité culturelle. Les New-Yorkais naviguent entre bodegas de quartier, farmers markets saisonniers et chaînes locales pour composer leur panier hebdomadaire. Cette approche fragmentée des courses reflète non seulement les contraintes d’espace typiques de la ville, mais aussi une culture alimentaire hybride où tradition ethnique et innovation se côtoient. Maîtriser l’art de faire ses courses à New York, c’est comprendre les rythmes de la ville, identifier les bons plans selon son quartier et adopter les réflexes des habitants pour optimiser son budget comme son temps.
Les épiceries de quartier incontournables : bodega, deli et corner stores
Les bodegas constituent l’épine dorsale du système alimentaire new-yorkais. Ces petites épiceries de proximité, souvent tenues par des familles d’origine latino-américaine ou yéménite, jalonnent chaque coin de rue des cinq boroughs. Leur fonctionnement repose sur un modèle économique de dépannage : ouvertes tard le soir, elles proposent des produits essentiels à des prix légèrement supérieurs aux supermarchés traditionnels. On y trouve du lait, des œufs, du pain, des conserves, des snacks et parfois même des fleurs ou des produits d’hygiène. La relation entre le propriétaire et sa clientèle fidèle crée une atmosphère de confiance : certains clients règlent leurs achats à crédit jusqu’à la fin du mois, une pratique impensable dans les grandes chaînes.
Le fonctionnement des bodegas traditionnelles à manhattan et brooklyn
Dans Manhattan, les bodegas se concentrent particulièrement dans les quartiers résidentiels comme l’Upper West Side, East Harlem ou le Lower East Side. À Brooklyn, Williamsburg, Bushwick et Sunset Park comptent des centaines de ces établissements. Le modèle économique repose sur le volume et la rotation rapide des produits de base. Les prix affichés incluent généralement la taxe, contrairement aux supermarchés classiques, ce qui simplifie le calcul mental pour les habitués. Beaucoup de bodegas proposent désormais un service de sandwichs sur commande, préparés derrière un comptoir vitré : bacon, œufs et fromage sur un roll constituent le petit-déjeuner typique des New-Yorkais pressés. Les propriétaires développent une connaissance intime des habitudes de leurs clients réguliers, allant jusqu’à mettre de côté certains produits spécifiques ou commander des articles rares sur demande.
Les delis emblématiques : zabar’s, russ & daughters et dean & DeLuca
Les delicatessens new-yorkais représentent une catégorie à part dans le paysage alimentaire de la ville. Zabar’s, institution de l’Upper West Side depuis 1934, attire les amateurs de fromages affinés, de saumons fumés et de produits importés d’Europe. Son ambiance frénétique le week-end témoigne de son statut d’attraction autant que de commerce de proximité. Russ & Daughters, temple du saumon fumé et des spécialités juives ashkénazes depuis 1914, maintient un niveau de qualité exceptionnel qui justifie ses tarifs élevés
. Dean & DeLuca, longtemps symbole du luxe gastronomique à SoHo, illustrait quant à lui l’évolution du deli new-yorkais vers un positionnement plus design et international, même si plusieurs boutiques ont fermé ces dernières années. Ces établissements ne servent pas uniquement à faire ses courses : ils incarnent une culture culinaire, avec leurs comptoirs de plats préparés, leurs pâtisseries maison et leurs rayons de produits introuvables ailleurs. Pour faire ses courses comme un local à New York, intégrer un passage hebdomadaire dans un de ces delis pour le brunch du dimanche ou un bon café devient rapidement un rituel.
La culture du corner store et les codes de paiement
Au-delà des bodegas et des delis, les corner stores – littéralement, les magasins de coin de rue – forment une catégorie hybride entre supérette, kiosque et tabac. On les repère à leurs enseignes lumineuses, leurs vitrines remplies de boissons énergétiques et leurs présentoirs de journaux ou de billets de loterie. Pour un New-Yorkais, entrer dans un corner store fait partie de la routine quotidienne : on y achète un café à emporter, un donut, un paquet de cigarettes ou une carte de métro prépayée. Les prix peuvent sembler élevés sur certains produits, mais la disponibilité 7 jours sur 7 compense souvent pour les habitants.
Côté paiement, quelques codes sont utiles pour éviter les mauvaises surprises. De nombreux corner stores imposent un minimum de paiement par carte, souvent autour de 5 à 10 dollars, sous peine de supplément ou de refus de transaction. Il n’est pas rare que le commerçant arrondisse à la hausse pour inclure la taxe ou un petit frais de carte, surtout pour les très petits montants. Le pourboire n’est pas attendu lorsque vous achetez simplement des produits emballés, mais il devient apprécié si vous commandez un sandwich préparé ou un café spécial. Pour payer comme un local, vous pouvez utiliser sans hésiter Apple Pay, Google Pay ou les cartes sans contact, très répandus dans ces petits commerces.
Enfin, certains corner stores offrent des services supplémentaires qui surprennent souvent les visiteurs étrangers : paiement de factures, rechargement de cartes téléphoniques prépayées ou retrait de cash via le système de cashback à la caisse. En une seule transaction, vous pouvez régler vos courses et récupérer des billets, pratique quand les distributeurs automatiques facturent des frais élevés. En vous familiarisant avec ces pratiques, vous transformez rapidement le corner store du bout de la rue en véritable annexe de votre appartement new-yorkais.
Les horaires d’ouverture 24/7 et le système de livraison locale
Une des spécificités de la vie quotidienne à New York, c’est la disponibilité quasi permanente de l’offre alimentaire. Beaucoup de bodegas et de corner stores affichent fièrement le panneau Open 24 Hours, en particulier dans Manhattan et dans certaines zones denses de Brooklyn ou du Bronx. Cette ouverture 24/7 ne signifie pas forcément qu’il y a un flux constant de clients la nuit, mais elle permet de répondre aux besoins des travailleurs en horaires décalés, des noctambules et des habitants qui rentrent tard. Pour vous, cela veut dire que vous pouvez toujours trouver une bouteille de lait, un snack ou même un sandwich chaud à n’importe quelle heure.
Parallèlement à ces horaires étendus, un système de livraison locale très développé s’est mis en place, longtemps avant l’essor des applications. De nombreuses bodegas proposent leur propre livraison à vélo dans un rayon limité, souvent gratuite au-delà d’un certain montant. Vous passez un coup de fil, dictez votre liste et vos courses arrivent en bas de chez vous en moins de 30 minutes. Ce service, historiquement informel, coexiste désormais avec les grandes plateformes comme DoorDash, Uber Eats ou Seamless, qui intègrent aussi les épiceries et supermarchés.
Pour faire ses courses comme un local, vous pouvez ainsi combiner les deux systèmes : les petits compléments urgents sont pris en bodega 24/7, tandis que les commandes plus importantes passent par la livraison planifiée. Certaines chaînes comme Trader Joe’s ont renoncé à la livraison à domicile, mais d’autres, notamment Whole Foods via Amazon, proposent des créneaux en quelques heures, très appréciés des New-Yorkais sans voiture. À l’image du métro qui ne dort jamais vraiment, l’écosystème des courses alimentaires new-yorkaises fonctionne en continu, à vous d’en profiter selon votre rythme.
Les farmers markets et marchés de producteurs new-yorkais
Si les bodegas et les supermarchés assurent le quotidien, une autre facette de la vie alimentaire new-yorkaise se découvre le week-end ou certains jours précis : les farmers markets. Ces marchés de producteurs, organisés par la structure à but non lucratif GrowNYC, permettent aux agriculteurs de l’État de New York, du New Jersey ou de Pennsylvanie de vendre directement leurs produits. Pour les habitants, c’est l’occasion de remplir son panier de fruits et légumes de saison, de fromages fermiers ou de pains artisanaux tout en soutenant une agriculture plus durable.
On est loin de l’image de la ville 100 % béton : en pleine urbanité, vous trouvez des stands de miel local, d’œufs de ferme ou de bouquets de fleurs cultivées à quelques heures de route. Les prix peuvent être légèrement supérieurs à ceux des grandes surfaces, mais la qualité et la fraîcheur compensent largement. De plus, de nombreux New-Yorkais combinent ces marchés avec leurs courses en supermarché pour optimiser leur budget : ils achètent les produits frais et saisonniers en direct, tout en continuant à se fournir en produits d’épicerie en magasin. Pour vous, c’est l’une des meilleures manières de découvrir la véritable identité culinaire de la région.
Union square greenmarket : jours, horaires et producteurs régionaux
L’Union Square Greenmarket est le plus emblématique des marchés de producteurs de New York. Situé en plein cœur de Manhattan, autour du parc d’Union Square, il réunit jusqu’à 140 fermes et artisans aux heures de pointe de la saison, généralement à la fin de l’été et en automne. Le marché est ouvert toute l’année les lundis, mercredis, vendredis et samedis, avec des horaires allant en général de 8 h à 18 h. Si vous souhaitez faire des courses comme un local, privilégiez les matinées en semaine : les samedis après-midi sont souvent bondés de touristes et de photographes.
Sur place, vous pouvez acheter des pommes issues des vergers de l’État de New York, des fromages de chèvre artisanaux, des légumes anciens, du cidre frais ou encore du pain au levain tout juste sorti du four. De nombreux chefs de restaurants new-yorkais s’y approvisionnent également, ce qui donne une idée du niveau de qualité. Vous verrez d’ailleurs parfois des toques blanches se mêler aux habitants pressés pour sélectionner les meilleures bottes de kale ou les plus beaux radis. Pour réduire le coût de vos courses à l’Union Square Greenmarket, pensez à venir en fin de marché : certains producteurs consentent des rabais pour écouler leurs stocks.
Le marché joue aussi un rôle éducatif important, avec des stands de sensibilisation au compostage, des démonstrations culinaires et des programmes pour les écoles. En tant que visiteur, vous pouvez donc non seulement remplir votre sac de produits frais, mais aussi mieux comprendre les enjeux de l’agriculture locale et de la saisonnalité. Pour faire ses courses à New York comme un local averti, intégrer ce type de marché dans votre routine hebdomadaire est un vrai plus.
Le grand army plaza farmers market de brooklyn et ses produits bio
De l’autre côté de l’East River, le Grand Army Plaza Farmers Market est le rendez-vous incontournable des habitants de Brooklyn, notamment de Park Slope et Prospect Heights. Organisé chaque samedi matin à l’entrée nord de Prospect Park, il rassemble une cinquantaine de producteurs selon les saisons. L’ambiance y est un peu plus détendue qu’à Union Square, avec davantage de familles, de poussettes et de chiens en laisse. Si vous logez à Brooklyn, c’est ici que vous ressentirez le mieux l’esprit de quartier autour des courses du week-end.
Ce marché est particulièrement réputé pour ses produits bio et ses stands spécialisés : légumes cultivés sans pesticides, viandes élevées en plein air, œufs fermiers, mais aussi confitures artisanales et pâtisseries locales. Vous y trouverez par exemple des fermes certifiées organic, ce qui rassure les habitants soucieux de consommer des aliments plus sains. Les prix reflètent ce positionnement, mais en comparaison avec certains supermarchés bio new-yorkais, ils restent souvent compétitifs, surtout pour les produits très frais.
Le Grand Army Plaza Farmers Market est aussi l’endroit idéal pour composer un pique-nique à emporter dans Prospect Park : un fromage, un saucisson, un pain aux céréales et quelques fruits de saison et vous voilà paré pour un déjeuner à la new-yorkaise. Les habitants y viennent aussi pour le café de spécialité ou les food trucks installés à proximité. En vous mêlant à cette foule de voisins et de producteurs, vous découvrez une autre facette de la ville, loin des gratte-ciel mais au cœur des habitudes locales.
Smorgasburg : le marché alimentaire de williamsburg et prospect park
Si les farmers markets classiques sont centrés sur les produits bruts, Smorgasburg appartient à une autre catégorie : celle des marchés de street food. Né à Williamsburg, ce marché alimentaire réunit chaque week-end des dizaines de stands proposant des plats préparés du monde entier : ramen, tacos, lobster rolls, ramen burgers, donuts artisanaux, glace à l’azote… Pour certains New-Yorkais, c’est devenu un véritable laboratoire culinaire à ciel ouvert, où de nombreux concepts de restaurants ont vu le jour.
Smorgasburg se tient généralement à Williamsburg les samedis (au bord de l’East River, avec vue imprenable sur la skyline de Manhattan) et à Prospect Park les dimanches pendant la belle saison. Les horaires tournent autour de 11 h à 18 h, mais les stands les plus populaires peuvent écouler leurs stocks bien avant. Les prix sont globalement élevés pour de la street food – comptez souvent entre 10 et 20 dollars par plat – mais l’expérience fait partie des incontournables si vous aimez tester de nouvelles saveurs.
Peut-on vraiment parler de « faire ses courses » à Smorgasburg ? D’une certaine façon, oui : beaucoup de New-Yorkais repartent avec des sauces, condiments, pâtisseries ou produits artisanaux vendus à emporter. C’est aussi un bon endroit pour repérer des marques locales que vous retrouverez ensuite dans certains supermarchés ou épiceries fines. En combinant une visite à Smorgasburg avec un passage dans une bodega ou un supermarché, vous adoptez une manière très typique de composer vos repas à New York : un mélange de cuisine maison et de découvertes gourmandes.
La saisonnalité des produits et le système SNAP/EBT
Un des grands avantages des farmers markets new-yorkais, c’est qu’ils remettent la saisonnalité au centre des habitudes d’achat. En hiver, les stands se remplissent de courges, pommes, choux et légumes-racines. Au printemps arrivent les asperges, les radis et les premières fraises. L’été est la saison des tomates, des pêches et des maïs doux, tandis que l’automne fait la part belle aux pommes, aux poires et aux citrouilles. En tant que visiteur, vous sentez immédiatement le changement de saison en flânant d’un stand à l’autre, ce qui contraste parfois avec les rayons uniformes des grandes chaînes.
Ces marchés jouent aussi un rôle social important grâce au système SNAP/EBT, l’équivalent américain des aides alimentaires. De nombreux farmers markets acceptent les cartes EBT et proposent même des programmes de « matching » : pour chaque dollar dépensé avec SNAP, un crédit supplémentaire est parfois accordé, doublant ainsi le pouvoir d’achat des ménages modestes sur les produits frais. Cette politique permet à un public beaucoup plus large d’accéder à une alimentation de qualité, tout en soutenant les producteurs locaux.
Même si vous n’êtes pas concerné par ces aides, comprendre ce fonctionnement aide à mieux saisir pourquoi les marchés de producteurs sont si ancrés dans le quotidien new-yorkais. Ils ne sont pas seulement un loisir du samedi pour les habitants aisés, mais un véritable outil de politique alimentaire urbaine. En y faisant vos courses comme un local, vous participez à cet écosystème, tout en profitant de produits souvent bien meilleurs que ceux que vous trouveriez en grande surface.
Les supermarchés et chaînes locales privilégiés par les New-Yorkais
Malgré la puissance des bodegas et des marchés, les supermarchés restent un pilier du quotidien à New York, surtout pour les familles ou les séjours un peu longs. Leur particularité ? Ils sont souvent plus petits et plus denses que les hypermarchés français, parfois répartis sur plusieurs niveaux, avec des rayons très étroits. Chaque New-Yorkais a sa stratégie : certains privilégient les prix, d’autres la qualité, d’autres encore l’emplacement ou les programmes de fidélité. Comprendre ces différentes chaînes vous aide à optimiser votre budget courses pendant votre séjour.
On retrouve quelques grands noms nationaux, mais aussi des enseignes locales comme Fairway, Key Food ou Associated, très présentes dans certains quartiers et presque inconnues des touristes. Plutôt que de chercher un équivalent exact à Carrefour ou Leclerc, il est plus utile de repérer les enseignes de votre quartier et de comprendre ce qu’elles offrent : produits frais, bio, plats préparés, marques internationales… Vous verrez vite que faire ses courses comme un local à New York consiste à combiner plusieurs adresses plutôt qu’à tout acheter au même endroit.
Trader joe’s : stratégies d’achat et files d’attente aux heures de pointe
Trader Joe’s est probablement la chaîne de supermarchés la plus « culte » aux yeux des New-Yorkais. Connue pour son excellent rapport qualité/prix et ses produits à marque propre, elle séduit aussi bien les étudiants que les familles et les expatriés. Les magasins sont de taille moyenne, avec une atmosphère chaleureuse et un personnel réputé pour sa gentillesse. On y trouve de nombreux produits inspirés de la cuisine européenne et asiatique, des surgelés prêts à l’emploi, des snacks originaux et une sélection correcte de fruits et légumes.
Le revers de ce succès, ce sont les files d’attente impressionnantes aux heures de pointe, en particulier dans Manhattan. Aux heures de sortie de bureau ou le week-end, la queue pour la caisse peut serpenter dans tout le magasin, avec un temps d’attente allant jusqu’à 20 ou 30 minutes. Comment font les locaux ? Ils adaptent leurs horaires : tôt le matin, en milieu de journée en semaine ou tard le soir sont les créneaux les plus fluides. Certains planifient aussi une grosse session Trader Joe’s par semaine, complétée par des achats rapides en bodega ou dans un autre supermarché.
Autre spécificité appréciable pour les visiteurs : chez Trader Joe’s, les prix sont affichés taxes comprises, ce qui évite les mauvaises surprises à la caisse, contrairement à la plupart des enseignes américaines. Vous pouvez aussi goûter certains produits grâce à des dégustations ponctuelles, ce qui permet de découvrir de nouvelles références sans risque. Pour faire ses courses comme un local, repérez le Trader Joe’s le plus proche de votre logement et organisez-vous pour y aller aux bons moments : votre budget nourriture vous dira merci.
Whole foods versus fairway market : positionnement tarifaire
Lorsqu’il s’agit de produits bio, d’aliments naturels et de spécialités internationales, deux noms reviennent souvent dans les conversations new-yorkaises : Whole Foods Market et Fairway Market. Whole Foods, propriété d’Amazon depuis 2017, s’est imposé comme le temple du healthy urbain : rayons de fruits et légumes magnifiques, large choix de produits bio, bar à salades et plats chauds, stands de sushis, boulangerie maison… L’expérience est agréable, mais les prix peuvent grimper vite, surtout si vous remplissez votre panier de produits préparés et de snacks premium.
Fairway Market, plus local et historiquement implanté à New York, se positionne comme une alternative légèrement moins chère avec une forte identité de « marché traditionnel ». On y trouve de bons rayons de fromages, de charcuterie, de produits casher ou italiens, et une offre de fruits et légumes souvent compétitive. L’ambiance y est plus brute, parfois un peu chaotique aux heures de pointe, mais c’est précisément ce qui plaît à de nombreux habitants qui y voient un vrai lieu de vie plutôt qu’un simple supermarché aseptisé.
En termes de positionnement tarifaire, Whole Foods reste globalement plus cher, même si l’intégration avec Amazon a permis l’apparition de promotions ciblées pour les abonnés Prime. Fairway, de son côté, propose régulièrement des rabais importants sur certains produits, notamment via ses cartes de fidélité. Pour un séjour à New York, une bonne stratégie consiste à utiliser Whole Foods pour les repas rapides (salad bar, plats chauds, petit déjeuner) et à faire des courses « de fond » chez Fairway ou dans une autre chaîne plus abordable.
Key food, associated et les chaînes de proximité par borough
En dehors des grandes enseignes connues des touristes, les New-Yorkais s’appuient beaucoup sur des chaînes de supermarchés de proximité comme Key Food, Associated, C-Town, Foodtown ou encore Met Food. Ces magasins, souvent indépendants mais regroupés sous une même bannière pour la négociation des prix, sont implantés au plus près des zones résidentielles. On les retrouve en particulier dans le Queens, Brooklyn et le Bronx, mais aussi dans certaines parties de Manhattan plus éloignées des quartiers touristiques.
Leur offre est généralement très large, mais moins « premium » que celle de Whole Foods ou de certains delis haut de gamme. Les fruits et légumes peuvent être d’apparence moins parfaite, mais les prix sont souvent plus bas, surtout si vous surveillez les promotions hebdomadaires. De nombreux habitants font d’ailleurs leurs grosses courses dans ce type de supermarché, puis complètent avec du frais acheté au farmers market le week-end. C’est une façon intelligente de concilier budget maîtrisé et qualité des produits.
Chaque borough a ses habitudes : dans certaines parties de Brooklyn, Key Food et Associated dominent, tandis que dans le Queens, C-Town et Food Bazaar sont très présents, avec une offre particulièrement riche en produits latino-américains et asiatiques. En vous adaptant à l’enseigne la plus proche de votre logement, vous vous rapprochez des habitudes réelles des habitants du quartier, loin des circuits purement touristiques.
Les programmes de fidélité et cartes de réduction spécifiques
Pour faire ses courses comme un local à New York, il est utile de comprendre le fonctionnement des programmes de fidélité et des cartes de réduction. Dans beaucoup de supermarchés, les prix affichés en rayon sont en réalité des prix « avec carte » : sans cette carte, vous payez plus cher. Heureusement, l’inscription est la plupart du temps gratuite et peut souvent se faire en quelques minutes à la caisse ou en ligne, même si vous êtes de passage. Il suffit parfois de donner une adresse e-mail et un code postal (vous pouvez utiliser celui de votre hôtel).
Ces cartes, proposées par des enseignes comme Key Food, Fairway, Foodtown ou même certaines branches de Gristedes et D’Agostino, permettent de bénéficier de réductions immédiates sur une sélection de produits. Les New-Yorkais les utilisent systématiquement, un peu comme les cartes de fidélité des grandes surfaces en France. Si vous ne souhaitez pas vous inscrire, n’hésitez pas à demander au caissier s’il peut utiliser une carte générique du magasin : certains le font volontiers pour permettre à leurs clients de profiter des promotions.
Whole Foods, de son côté, intègre ses remises dans le programme Amazon Prime, avec des réductions signalées en rayon pour les membres. Trader Joe’s, en revanche, se distingue en ne proposant aucune carte de fidélité, misant sur des prix déjà attractifs et une offre épurée. En tant que visiteur, prendre deux minutes pour obtenir une carte de réduction dans le supermarché que vous fréquenterez le plus peut représenter une économie significative sur un séjour de plusieurs semaines.
Les quartiers ethniques et leurs épiceries spécialisées
L’une des grandes richesses de New York réside dans ses quartiers ethniques, où chaque communauté a développé un réseau d’épiceries, de boucheries, de boulangeries et de supermarchés spécialisés. Faire ses courses dans ces zones, c’est voyager culinairement sans quitter la ville : épices indiennes, dim sum chinois, mozzarella fraîche italienne, pâtisseries russes… Les New-Yorkais eux-mêmes n’hésitent pas à traverser plusieurs boroughs pour s’approvisionner en produits spécifiques introuvables ailleurs.
Pour vous, ces quartiers sont une occasion unique de découvrir des ingrédients authentiques à des prix souvent bien plus bas que dans les épiceries « exotiques » du centre de Manhattan. C’est aussi un moyen de ressentir le quotidien de communautés qui ont façonné l’identité de la ville. Que vous soyez passionné de cuisine ou simplement curieux, organiser une balade courses dans Chinatown, Jackson Heights ou Brighton Beach vous fera adopter un regard très différent sur New York.
Chinatown manhattan : hong kong supermarket et pearl river mart
Le Chinatown historique de Manhattan, situé autour de Canal Street, Mott Street et Grand Street, est un paradis pour les amateurs de cuisine asiatique. Parmi les adresses les plus connues, Hong Kong Supermarket se distingue comme un immense supermarché asiatique où l’on trouve de tout : sauces soja de dizaines de marques, nouilles instantanées, légumes asiatiques frais, poissons vivants, dim sum surgelés, snacks chinois et japonais… Les prix sont généralement très compétitifs, surtout pour les produits importés qui seraient beaucoup plus chers ailleurs à New York.
À quelques rues de là, Pearl River Mart joue davantage le rôle de concept store asiatique, mêlant épicerie fine, vaisselle, décoration et objets de papeterie. On y trouve des thés de qualité, des condiments originaux, des snacks design et parfois des collaborations avec des chefs new-yorkais. Pour un local, c’est autant un lieu de courses qu’une source d’idées cadeaux ou de découvertes culinaires. Pour vous, c’est un excellent endroit pour acheter quelques produits à rapporter, comme des sauces, des nouilles ou des épices peu encombrantes.
En flânant dans les rues de Chinatown, vous croiserez aussi une multitude de petites épiceries, de boulangeries chinoises et de stands de fruits installés sur le trottoir. Les New-Yorkais y viennent pour acheter des fruits exotiques bon marché, des herbes fraîches, du tofu ou des pâtisseries fourrées au taro ou aux haricots rouges. En vous inspirant de leurs paniers, vous enrichissez vos propres courses d’ingrédients et de saveurs que vous n’auriez peut-être pas testés autrement.
Little italy et arthur avenue dans le bronx pour les produits italiens
Si la Little Italy de Manhattan, centrée sur Mulberry Street, a perdu une partie de son authenticité au profit des restaurants touristiques, elle conserve encore quelques épiceries et pâtisseries italiennes historiques. Vous pouvez y trouver des biscuits, des pâtes artisanales, des conserves de tomates, des huiles d’olive et des charcuteries importées. Cependant, pour vivre une expérience de courses vraiment italienne à New York, il faut pousser plus au nord, dans le Bronx, du côté d’Arthur Avenue.
Arthur Avenue est souvent décrite comme la « véritable Little Italy » de New York. On y trouve une concentration impressionnante de boucheries, charcuteries, fromageries, boulangeries et épiceries fine italiennes. Les habitants du Bronx mais aussi des autres boroughs viennent s’y approvisionner en mozzarella fraîche, ricotta maison, saucisses italiennes, pâtes fraîches, cannoli et autres spécialités régionales. L’ambiance rappelle celle d’un quartier populaire en Italie, avec des commerçants qui connaissent leurs clients et une vie de rue animée.
Pour faire ses courses comme un local, prévoyez de venir à Arthur Avenue avec un sac cabas – ou mieux, un petit chariot pliable comme on en voit souvent dans les rues de New York – et de composer votre panier au fil des boutiques. Vous pouvez aussi faire une pause dans un café ou une trattoria pour goûter les produits avant de les acheter. C’est une immersion totale dans la culture italo-new-yorkaise, loin des clichés de cartes postales.
Jackson heights queens : épiceries indiennes et latino-américaines
Dans le Queens, le quartier de Jackson Heights est l’un des plus diversifiés du pays, avec une forte présence de communautés indiennes, pakistanaises, bangladaises, latino-américaines et tibétaines. Pour les New-Yorkais amateurs de cuisine du monde, c’est un véritable terrain de jeu culinaire. Les rues autour de Roosevelt Avenue et 74th Street abritent une multitude de petites épiceries, bazars et supermarchés spécialisés comme Patel Brothers pour les produits indiens ou des supermarchés latino pour les produits d’Amérique centrale et du Sud.
Dans les épiceries indiennes, vous trouverez des sacs de riz basmati de toutes tailles, des lentilles (dal) en vrac, des farines de pois chiche, des épices entières ou moulues, du ghee, des pains naan ou roti surgelés, ainsi qu’une grande variété de snacks et de desserts. Les prix sont souvent très avantageux, surtout pour les épices par rapport aux magasins généralistes de Manhattan. Les supermarchés latino, quant à eux, regorgent de tortillas fraîches, de fromages latino, de haricots secs, de sauces piquantes et de fruits tropicaux.
Se promener dans Jackson Heights avec l’intention de faire des courses, c’est accepter de se laisser surprendre : vous entrez dans une boutique pour acheter du curry et vous repartez avec des bonbons mexicains, du yaourt lassi, des empanadas et un sachet de coriandre fraîche. C’est précisément cette richesse qui attire les New-Yorkais curieux, prêts à enrichir leur cuisine quotidienne avec des produits du monde entier.
Brighton beach brooklyn : les magasins russes et d’europe de l’est
Au sud de Brooklyn, Brighton Beach – surnommée « Little Odessa » – est le cœur historique de la communauté russe et d’Europe de l’Est à New York. La principale artère commerciale, Brighton Beach Avenue, est bordée de supermarchés russes, de boulangeries, de pâtisseries et de boutiques spécialisées. Des enseignes comme Gourmanoff ou NetCost Market proposent un choix impressionnant de produits originaires de Russie, d’Ukraine, de Géorgie, de Pologne ou encore des Balkans.
Dans ces magasins, les New-Yorkais d’origine est-européenne viennent acheter du pain noir, des cornichons fermentés, du caviar (à des prix variables), des poissons fumés, des charcuteries, des pelmeni et vareniki surgelés, des gâteaux au miel, du kéfir ou encore des chocolats importés. Les rayons de conserves et de bocaux sont particulièrement fournis, avec des légumes marinés, des compotes et des confitures variées. Même si vous ne lisez pas le cyrillique, il est facile de se laisser guider par les couleurs et les formes des produits.
Pour un local, une virée courses à Brighton Beach est souvent l’occasion d’une journée complète : on se rend au supermarché, on passe par une boulangerie pour quelques pirojkis, puis on termine par une promenade sur la plage voisine de Coney Island. En vous inspirant de ces habitudes, vous transformez une simple session de courses en véritable excursion culturelle et gastronomique.
Les applications et services de livraison alimentaire locaux
Dans une ville où le temps est une ressource rare, les applications de livraison jouent un rôle central dans la manière dont les New-Yorkais font leurs courses. Vous connaissez peut-être déjà les grands noms comme Uber Eats ou DoorDash pour les restaurants, mais à New York, la livraison de produits d’épicerie est tout aussi développée. Des services comme Instacart, Amazon Fresh, FreshDirect ou encore la livraison intégrée de Whole Foods permettent de faire son plein sans jamais mettre un pied dans un magasin.
Concrètement, vous choisissez votre enseigne partenaire (Costco, Key Food, Fairway, même certaines bodegas) depuis l’application, remplissez votre panier virtuel et sélectionnez un créneau horaire. Un shopper se rend ensuite en magasin pour faire vos courses à votre place, vous contactant éventuellement pour proposer des substituts en cas de rupture de stock. La commande est livrée à votre porte, parfois en moins de deux heures. Bien sûr, ce service a un coût : frais de livraison, éventuels frais de service et pourboire pour le livreur, mais pour de nombreux habitants sans voiture, il reste plus rentable que de prendre un taxi ou de consacrer plusieurs heures à des courses physiques.
New York a également vu se développer des services de « dark stores » et de livraison ultra-rapide (10 à 30 minutes) comme cela a été le cas avec des start-up type Gopuff ou Gorillas, même si le secteur est en constante évolution. Ces services, centrés sur les courses de dépannage, proposent un assortiment réduit mais suffisant pour les indispensables du quotidien : lait, œufs, snacks, produits d’hygiène. Certains New-Yorkais jonglent ainsi entre plusieurs applications selon le type de courses à faire, un peu comme on jongle entre bodegas, supermarchés et marchés de producteurs.
Faut-il utiliser ces services lors d’un séjour à New York ? Si vous restez dans la ville plusieurs semaines, cela peut être très pratique, notamment pour les courses lourdes (eau, lessive, produits volumineux). En revanche, pour un voyage plus court, l’intérêt principal reste de découvrir la culture locale des courses en se rendant physiquement dans les bodegas, les supermarchés et les marchés de quartier. Vous pouvez cependant utiliser ces applications comme le font les habitants : en complément, pour gagner du temps sur certaines tâches et mieux profiter de vos journées.
Le système de consigne et le tri sélectif des emballages à new york
Dernier aspect, souvent méconnu des visiteurs mais très présent dans le quotidien des New-Yorkais : le tri des déchets et la consigne sur certains emballages. Dans l’État de New York, de nombreuses bouteilles et canettes de boissons (sodas, bières, eaux, certaines boissons énergétiques) portent la mention NY 5¢. Cela signifie qu’une consigne de 5 cents est incluse dans le prix et que vous pouvez récupérer cette somme en rapportant les contenants vides dans des machines de retour situées dans certains supermarchés ou centres de recyclage.
Dans la pratique, beaucoup d’habitants renoncent à récupérer cette consigne, mais d’autres en font une petite source de revenus complémentaire. Il n’est pas rare de voir des personnes collecter des bouteilles et des canettes dans les poubelles publiques ou lors d’événements pour les échanger contre quelques dollars. En tant que visiteur, vous n’êtes pas obligé de participer activement à ce système, mais il est important de ne pas jeter ces contenants n’importe où : placez-les dans les sacs ou bacs de recyclage prévus à cet effet dans votre immeuble ou votre logement.
La ville de New York impose par ailleurs un tri sélectif aux particuliers comme aux commerçants. Dans les immeubles résidentiels, les déchets sont généralement séparés en trois catégories principales : recyclables (papier, carton, métal, verre, certains plastiques), déchets non recyclables et, de plus en plus, déchets organiques (compost). Les règles peuvent varier légèrement selon le type de bâtiment, mais les consignes de base sont indiquées sur les bacs ou affichées dans les halls. Les bodegas, supermarchés et restaurants doivent également trier leurs déchets, même si l’application sur le terrain reste parfois imparfaite.
En faisant vos courses comme un local, vous pouvez aussi adopter leurs réflexes écologiques : venir avec un tote bag réutilisable (d’autant que les sacs plastiques à usage unique sont très largement bannis et facturés lorsqu’ils existent encore), choisir des produits avec moins d’emballage lorsque c’est possible, ou privilégier les bouteilles consignées. Cela peut sembler anecdotique sur un court séjour, mais à l’échelle de huit millions d’habitants et de millions de visiteurs, ces gestes font une vraie différence. Et puis, quoi de plus logique, finalement, que d’adopter également les habitudes de tri quand on décide de faire ses courses comme un vrai New-Yorkais ?